La Grande Synchr’EAU vient d’être récompensée par la Médaille de la médiation scientifique 2025 dans la catégorie co-création des connaissances. Porté par Nicolas Dietrich (GP3E/TBI) et Nathalie Clergerie (GP3E/TBI), ce projet de science participative a mobilisé, en un seul week-end, plus de 1 000 citoyennes et citoyens, élèves et familles, pour mesurer la qualité de l’eau partout en France métropolitaine et à La Réunion. Résultat : 820 prélèvements validés, 20 000 mesures en open data et, surtout, une formidable aventure collective entre science et société.

Une science participative à grande échelle

Le principe est simple, mais le geste est fort : tremper une bandelette dans l’eau, comparer les couleurs et partager le résultat sur une carte en ligne. En quelques minutes, chacun devient acteur de la recherche. Derrière cette apparente simplicité se cache une démarche rigoureuse : protocoles scientifiquement validés, kits éco-conçus et calibrés, données vérifiées et corrigées par des chercheurs. Déployée lors de la Nuit Européenne des Chercheur·es 2023 dans 16 villes et prolongée dans 45 classes scolaires, La Grande Synchr’EAU a permis de dresser un portrait collectif de la France de l’eau. Les résultats révèlent une grande diversité chimique : eaux acides en montagne, nitrates en plaine, cuivre en ville, traces de chlore dans certaines zones urbaines… autant d’indices des usages et infrastructures locales. Mais l’essentiel n’est pas seulement scientifique : 81 % des participantes et participants déclarent avoir changé ou envisagé de changer leurs comportements vis-à-vis de l’eau, et plus de 90 % souhaitent participer à une nouvelle édition. Preuve que la science peut inspirer l’action.

Une distinction nationale pour la médiation scientifique

Créées en 2021 dans le cadre de la politique publique pour une science avec et pour la société issue de la Loi de programmation de la recherche 2021–2030, les Médailles de la médiation scientifique visent à reconnaître, valoriser et encourager l’engagement des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur dans leurs actions de médiation.Depuis 2025, elles sont co-organisées par le CNRS et France Universités pour mieux représenter la diversité des acteurs du monde académique et de la recherche. Trois catégories structurent désormais la distinction décernant chacune une médaille :

  • Diffusion des connaissances (vulgarisation et communication scientifique)
  • Partage des connaissances (actions où le public est impliqué dans la transmission)
  • Co-création des connaissances (projets collaboratifs, art-science ou sciences participatives).

C’est dans cette dernière catégorie que La Grande Synchr’EAU s’est distinguée parmi plus d’une centaine de projets en remportant la médaille 2025, pour avoir associé rigueur scientifique, implication citoyenne et appropriation sociale des résultats. Les médailles ne sont pas des financements, mais une reconnaissance nationale qui met en lumière la créativité, la coopération et l’ouverture de la recherche publique française.

Un projet collectif soutenu et incarné par l’INSA Toulouse

L’équipe de la Grande Synchr’EAU souhaite associer pleinement cette distinction à la politique volontariste d’ouverture de la science portée par l’INSA Toulouse, et en particulier à l’impulsion donnée par sa directrice, Alexandra Bertron, qui a encouragé et soutenu cette candidature avec enthousiasme. Le projet puise ses racines dans l’alliance européenne ECIU University et dans les échanges fructueux menés avec les collègues de Dublin City University et il s’appuie également sur l’énergie et le dynamisme apportés par Noëlle Billon et Marie-Agnès Detourbe, notamment à travers le projet ECIU-SMARTER qui promeut la science citoyenne à l’échelle européenne. Enfin, il convient de souligner l’appui déterminant de Bertrand Raquet et Christophe Chassot, ancien directeur et ancien directeur de la recherche à l’INSA Toulouse, qui ont fortement soutenu le développement d’une politique d’ouverture des sciences au sein de l’établissement dès 2022.

De nombreux membres du personnel de l’INSA Toulouse ont joué un rôle déterminant dans la réussite de la Grande Synchr’EAU. Au cœur du dispositif scientifique, Johanne Teychené (GP3E/TBI) a assuré la coordination scientifique et le traitement des données, appuyée par Gilles Hébard (GP3E/TBI), Aurélie Largeau (GP3E/TBI), Mathilda Jouvin (GP3E/TBI) et Sandrine Alfenore (GP3E/TBI). Le projet a également bénéficié des contributions de Julie Mendret (Université de Montpellier/IUF), Matthias Monnot (Aix-Marseille Université) et Fiona Regan (Dublin City University), renforçant sa dimension collaborative à l’échelle nationale et européenne. La logistique, élément essentiel souvent invisible mais crucial pour mobiliser autant de personnes, a été assurée avec efficacité par Aurélie Minéo (TBI) et Abdlali Khalfaoui (GP3E/TBI), garantissant l’approvisionnement, la préparation et le déploiement du matériel dans des conditions optimales.

Sur le terrain, la bibliothèque et les équipes de Lætitia Guillard ont assuré une large distribution des kits auprès de nos étudiant·es. Cette dynamique s’est poursuivie grâce à l’implication de Mathieu Spérandio (GP3E/TBI) et Sandrine Uttenweiler (CNRS/TBI), qui ont distribué des kits lors d’événements grand public tels que la Fête des Confluences. Lors de la Nuit Européenne des Chercheur·es 2023, l’équipe du stand Eau a joué un rôle déterminant dans la rencontre avec le public et la diffusion de plusieurs centaines de kits : Colette Krasicki (GP3E/TBI), Mathieu Spérandio (GP3E/TBI), Yolaine Bessière (GP3E/TBI), Christelle Guigui (GP3E/TBI), Stéphanie Laborie (GP3E/TBI) et Mickaël Castelain (INRAE/TBI) ont animé l’espace avec énergie, enthousiasme et pédagogie.

Enfin, une mention particulière revient aux stagiaires Chhordaneath Hen et Wais Darwish (master WEWM INSA/INP), dont le travail minutieux et soutenu a permis la préparation et le test des 10 000 kits d’analyse d’eau nécessaires au projet.

Nicolas Dietrich insiste : « Rien n’aurait été possible sans la coopération. Chaque personne impliquée : des stagiaires aux enseignants, des chercheurs aux médiateurs, a apporté sa pierre. C’est une médaille profondément collective qui salue aussi toutes celles et ceux qui font vivre, chaque jour, l’idée que l’on peut faire de la science avec et pour la société.»

Un réseau de partenaires au-delà du campus

Au-delà de l’INSA Toulouse, La Grande Synchr’EAU s’appuie sur un vaste écosystème d’acteurs engagés. L’organisation de la Nuit Européenne des Chercheur·es  a offert un cadre essentiel pour déployer l’expérience à grande échelle, grâce à l’implication des équipes de coordination et de médiation scientifique, qui ont assuré un accueil de qualité et une dynamique collective forte. Le Rectorat de l’académie de Toulouse a également joué un rôle déterminant dans la mobilisation des établissements scolaires, ce qui a permis d’impliquer un grand nombre d’élèves dans la démarche. Enfin, de nombreux relais locaux, structures culturelles, laboratoires, associations et collectivités partenaires, répartis dans les seize villes participantes, ont largement contribué à faire de La Grande Synchr’EAU une initiative nationale, collaborative et profondément ancrée dans les territoires.

Et maintenant ?

Pour Nicolas Dietrich et Nathalie Clergerie, cette distinction marque une étape : transformer l’élan d’un week-end en une action récurrente. L’ambition : organiser des campagnes régulières, enrichir les cartes interactives et co-interpréter les résultats avec les habitants et les élèves. « Parce que mesurer l’eau, c’est apprendre à la préserver, et que la science participative montre, mieux que tout discours, que la connaissance devient plus forte quand elle se partage. »

Financements
 Le projet Grande Expérience Participative (2023) a été soutenu dans le cadre de la Nuit Européenne des Chercheur·es (Actions Marie Skłodowska-Curie). Des financements complémentaires proviennent du projet ECIUSMARTER, soutenu par le programme européen Horizon 2020 (Grant Agreement n°772787).

👉 Carte et résultats : nuitdeschercheurs-france.eu/?GrandeExperience

Nicolas Dietrich : professeur des universités au département GP3E/TBI

Nathalie Clergerie : Ingénieur d’études au département GP3E/TBI

Lien communiqué de presse : https://www.cnrs.fr/fr/actualite/medailles-de-la-mediation-lart-de-transmettre-la-science

Vidéo de présentation du projet :